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à déterrer

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vendredi 17 juillet 2009

PRAYER.

Brooklyn. Village d'irréductibles consommateurs, encombrés d'une conscience et affichant crânement leur posture alternative. Au beau milieu des cafés internet organiquement responsables et des boutiques pour narcisses vintage, il y eut soudain comme une sorte d'accident, de collision.
Pas un mélange, plus une faille. Comme lorsqu'un éclat sur une peinture révèle une couche plus ancienne. On glisse son oeil dans ce trou de serrure accidentel, on y voit quelque chose d'arraché au temps, un étrange collage, une tradition qui se serait fichée là, incrustée presque.
Un cahot planté au milieu du lisse bitume de la modernité.
Un rappel de l'avant. Une immobilité pour prendre la mesure de l'effrayante vitesse du changement. Mélancolie.

mardi 23 juin 2009

TENTATION.

Le lapin blanc d'Alice s'habille en Jacobs (la boutique en face).

Flottant derrière leurs vitrines obscures, les fantômes de la tentation.
On aimerait les rejoindre de l'autre côté du miroir, direction Dolce Vita à cheval sur une Vespa fonçant sur le pavé romain.

Et puis on passe son chemin, parce qu'à New-York on ne s'arrête jamais très longtemps, et qu'un peu plus loin on imagine déjà d'autres miroirs à traverser.

lundi 22 juin 2009

PINPON.

Un gros camion, un stars-and-stripes triomphant, un ciel de faïence rutilant : on attend la sirène, les gars qui descendent en trombe du plafond, les cris, le moteur qui rugit.
Du haut de mes 5 ans retrouvés, je demande au pompier de garde si je peux prendre une photo : "bien sûr, tout le monde prend une photo ici !"
Sales gosses ! moi qui me croyait un peu dans un moment à part...

PLAYING IN THE STREETS.



LIGHT-HOUSE.

Etrange sensation lorsqu'on entre dans un deli en plein milieu de la nuit. C'est comme s'il nous attendait, tranquillement ; une maman qui veille en guettant le retour de ses enfants qui ont fait le mur.
On y est un peu chez soi, on pourrait y venir en pyjama, tiré de son canapé par l'envie d'un plaisir honteusement régressif à base de chocolat ou de crème glacée.
Il y a des néons, des lumières crues ou roses ou bleues mais on s'y sent bien. On y traîne même un peu, on se donne le temps de choisir, de toute façon on n'a pas sommeil.

jeudi 18 juin 2009

PLEIN AIR.




THE PARK.

Le "Park" est un lieu absolument magique. Démesuré et paradoxal, à l'image de la ville.
Du vert, des arbres, de l'eau, et des gratte-ciels pour ligne d'horizon.
La nature qui bombe le torse contre les tours en verre.
On s'échappe un instant du bouillonnement des rues, on court, on ride, on base-ball, on jazz, on théâtre, on bronze, on danse sur des rollers.

Régulièrement, des patrouilles de schtroumps veillent à la sécurité. On est rassuré.



mercredi 17 juin 2009

WALLS/7.

A New-York, on se sent comme devant un film, ou plutôt des films. Un mélange de genres incroyables, entre superproduction, récit intimiste, Hollywood et underground.
Dans le casting, comme un personnage central : les murs de la ville. On sait à quel point elle est un des épicentres de la création contemporaine, mais c'est en marchant dans ses rues que l'on mesure à quel point l'art y est vivant. Car à New-York, tout se joue dans la rue, tout y naît, y vit, y déborde, y court, y retourne à un moment ou à un autre.
Ce qui déglingue le plus quand on a sous les yeux le spectacle de la ville, c'est que justement, ça n'est pas un spectacle. On croirait ce bouillonnement factice, orchestré, surjoué, mais non, c'est bien là, bien vivant, bigger than life, avec toute la démesure dont est capable cette ville.

Et sur les murs s'épanche le pouls de la cité, ses cris d'amour, de rage, sa poésie parfois violente. Rien ne reste en place. Tout bouge, parle, s'exprime, se débat, s'agite.
Et soi-même, on marche, on marche, et on voit défiler ces éclairs magnifiques qui viennent écorcher les murs.

WALLS/6.


WALLS/5.



WALLS/4.



WALLS/3.





WALLS/2.





WALLS.





AILLEURS.

Les voyages commencent toujours par des non-lieux, des non-temps. On n'est pas vraiment là, on n'est pas non plus ici, il n'est pas vraiment 15h23, ni 17h34.
Tout semble étranger. Les choses nous parlent un langage bizarre. C'est "Correspondances" de Baudelaire, revu et corrigé XXIème siècle. L'obscure forêt de symboles est bien là.
On est scanné, identifié, rangé, déplacé, balancé.


On est coincé entre des vitres, du plastique, des portes automatiques et du béton. Tout est géométrique, calculé, identifié, on attend que ça passe, excité et inquiet.


Au milieu de tout ça, il y a le plateau repas. En temps normal, on crierait au scandale, on brandirait le poing, mais là bizarrement, on est plein d'indulgence. On l'accueille même avec le sourire parce qu'au fond il a le goût du voyage. Salade de Nolita, mijoté de Brooklyn, crème de West Village, voilà ce que j'ai mangé ce jour-là.
Alors vous pensez que les ingrédients...
Ceci dit et pour s'extraire deux secondes de cette rêverie en transit, véritablement le repas n'était pas si mauvais. Il y a avait même des pointes d'heureuse modernité qui s'étaient laissées happer par la porte d'embarquement : en témoigne ce crumble salé (à droite du plateau) à la ratatouille. Pas qu'il fût transcendant mais lorsque le passable surgit là où l'on craignait la punition, cela pousse à la clémence.

TOURNEZ MANÈGE.

Aïe ! Retour de New-York. Plus qu'une baffe, une véritable correction en règles pour le ciboulot.
Pas une ville : un monde.
Du cinémascope en continu, des rues, des gens, des histoires, des destins, du show, des dollars, et une magie qui ne vous lâche pas.

Tout voir, tout manger, tout entendre, tout prendre, tout sentir.
I want to be a part of it, New-York, New-York.

mercredi 27 mai 2009

CÔTE/2.

Il y a le crépitement des cailloux sur les chemins.
Les odeurs puissantes de la garrigue chauffée par le soleil du matin.
Le bleu violent de la mer.
Deux chaises en plastique et une table en bois qui ne cherchent pas l'effet, qui ne volent pas la vedette à l'essentiel : la calanque de Marseilleveyre.
Une planque en pleine nature, avec des familles, des enfants, des promeneurs et un petit restaurant, presque un cabanon, posé au bord de l'eau, prêt à dégainer son Pastis à la moindre soif.

CÔTE.

Parfois, il faut se laisser aller, retrouver un peu d'enfance, s'arrêter devant quelques fleurs sauvages avec l'envie de toutes les cueillir, et puis repartir avec une simple photo.

Petits bateaux, petites maisons, petits chemins, petites criques. On change d'échelle et paf, c'est le grand plongeon dans la nostalgie.
Une nostalgie chaude et bienveillante, où l'on vivrait bien tranquillement, lové entre deux rochers, avec le clapotis comme conversation et l'azur en cinémascope.



c'est moi

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